Soirée organisée par les Economistes Atterrés, le GREP et ATTAC Toulouse.


De la crise financière à une crise de la dette :
des pistes pour l’Europe

avec Philippe Askenazy,
Économiste, directeur de recherche au CNRS et chercheur à l’École d’économie de Paris.

La crise de la dette publique et de la construction européenne a succédé à la crise bancaire et financière des dettes privées. Prétendant y répondre, des politiques d’austérité s’étendent à toute l’Europe. Elles renforcent les difficultés économiques et sociales.

Des politiques injustes et qui nous enfoncent dans la crise

Ces politiques sont mises en oeuvre en Grèce ou en Irlande, mais aussi en France et dans l’ensemble de l’Europe : réforme des retraites aboutissant à une baisse des pensions, augmentation de TVA, baisse des salaires, suppressions d’emplois de fonctionnaires, privatisations nouvelles…
Un « pacte de compétitivité » franco-allemand veut imposer à tous les pays une réduction des dépenses publiques, le recul de l’âge de la retraite (à 67 ans !..), la « modération » salariale renforcée. Le moins-disant social l’emportera de plus en plus sur la coopération.

Reposant sur de fausses évidences

Ces politiques reposent sur des dogmes devenus de fausses évidences comme l’« efficience des marchés financiers », la bonne gouvernance des actionnaires, la nécessité du « moins d’impôts » ou l’excès de dépenses publiques et sociales. Alors que la plupart des experts intervenant dans le débat public le font pour justifier la soumission aux dogmes néo-libéraux et aux exigences des marchés financiers, nous pensons qu’il faut abandonner ces dogmes.

Refonder la pensée et les politiques économiques

Issus d’horizons théoriques très divers, des économistes « atterrés » par les graves dangers de ces politiques et par le manque de débat sur leur fondement ont publié un Manifeste. Ils mettent en discussion des propositions alternatives. Universitaires, chercheurs, « experts » ou simples citoyens, ils sont à présent plus de 3 200. Cette grande crise exige une véritable refondation de la pensée et des politiques économiques.

Débattre et éclairer sur ce qui est en cours

Les marchés financiers spéculent plus que jamais sur les dettes des États. Les gouvernements, la BCE, le FMI, mobilisent l’argent des Européens pour «rassurer» les marchés financiers, c’est-à-dire satisfaire leurs exigences. Les plans de «sauvetage» des pays endettés enfoncent l’Europe dans le chômage et les dettes.
Face à la crise de l’euro et de la dette publique, les gouvernements et la Commission ont décidé de réformer dans l’urgence le Traité de Lisbonne ; ils veulent renforcer les contraintes du «Pacte de stabilité» qui s’est pourtant révélé nuisible, et créer, en plus de la Banque centrale européenne, une « autorité budgétaire indépendante » – indépendante du débat démocratique.

Comprendre pour construire des alternatives

Quel est le rôle de la BCE dans la gestion de la crise ? A qui les États doivent-ils de l’argent? Comment fonctionne la spéculation sur la dette publique ? A quoi servira un audit de la dette publique ? Comment coordonner les politiques européennes pour répondre enfin aux urgences sociales et écologiques ? …. pour ne citer que quelques questions.

Il s’agit d’avancer des alternatives aux marchés financiers, à l’austérité, à la croissance prédatrice, à la «gouvernance » actionnariale des entreprises. Nous mettons ainsi en débat la question de buts sociaux et écologiques nouveaux refondant la politique économique, d’un nouveau développement des services publics, d’une réforme fiscale européenne, de pouvoirs nouveaux dans les entreprises face aux marchés financiers et aux actionnaires, de la maîtrise des banques et de la BCE avec des critères de financement sociaux et écologiques. Autant de pistes qui ensemble dessinent la possibilité d’une autre construction européenne basée sur l’harmonisation sociale et la coopération.


Un peu plus tôt dans la journée :

« Crises financière, européenne, de la science économique. Quels enseignements ? »

14h30, Amphi Bodin, Sciences Po Toulouse, 2 ter rue des puits creusés

www.atterres.org. www.facebook.com/pages/Les-Économistes-Atterrés/
Contact : atterres@gmail.com

Affiche

PARUTIONS

9782918597261_1_v.jpgPourquoi et comment il est urgent de changer ? D’abord démonter les fausses évidences, par exemple les idées infiniment ressassées et fausses par les élites politiques et la plupart des journalistes selon lesquelles les marchés seraient bons juges de la santé économique d’un pays ; l’envolée des dettes seraient le résultat d’un excès de dépenses ;
L’Europe défendrait le modéle social européen ; l’euro serait un bouclier contre la crise ; la dette publique reporterait le prix de nos excès sur nos petits enfants ; réduire les déficits serait le meilleur moyen de retrouver la croissance… Ensuite proposer au regard de chaque fausses évidences plusieurs mesures vitales pour refonder nos sociétés.
Ce manifeste commis par quatre des économistes français les plus éminents est essentiel. Il part du fait incontestable que la crise financière et économique n’a en rien remis en cause les dogmes libéraux qui inspirent nos économies depuis plus de 20 ans. Au contraire – et l’incompréhension le dispute à la colère – les politiques qui ont conduit à l’explosion des inégalités sont utilisées comme des remèdes ! (Editions Les Liens qui Libèrent, 5,50€

20anspetitgenere-miniature.aspx.gifPar les économistes atterrés dont le manifeste s’est vendu à près de 60000 exemplaires.
Ce nouvel opus démontre l’impéritie des politiques européennes et françaises: solidarité très faible, absence de banque centrale, main mise donc des marchés financiers qui, non contents d’avoir contribué au creusement d’énormes déficits, prêtent aujourd’hui à des taux exorbitants, non harmonisation sociales et fiscales qui fait de notre continent une arène de la concurrence et du chacun pour soi. Deux exemples extrêmes sur les solutions apportées à la crise sont également remarquablement analysés.
Celui de l’Irlande qui laisse perdurer sa faible imposition et fait peser le poids de la crise sur les citoyens et celui très peu connu de l’Islande : la crise y a provoqué un séisme politique. Une nouvelle constitution est en cours de rédaction et les banques sont fortement mises à contribution pour rembourser les déficits. Un opus décapant qui déconstruit le modèle économique toujours dominant et propose une série de 30 mesures pour remettre nos économies à l’endroit. (Editions Les Liens qui Libèrent, 8,50€)


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