Conférence-débat co-organisée par Attac-Toulouse et les Amis du Monde Diplomatique.


avec Olivier Lecour Grandmaison,

Historien, spécialiste des questions de citoyenneté et de l’histoire coloniale, enseignant les Sciences Politiques à l’Université d’Evry et au Collège International de Philosophie.

Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, la politique d’immigrationn conduite par les différents gouvernements Fillon s’est notamment traduite par la mise en place d’un véritable plan quinquennal d’expulsions et par le renforcement constant de la législation opposable aux étrangers. Environ 30 000 expulsions par an ont ainsi été réalisées et en 2009 plus de 300 enfants – deux fois plus qu’en 2004 selon un rapport accablant et circonstancié de la Cimade publié au mois d’octobre de l’année dernière – ont été placés en centre de rétention au mépris de la Convention internationale sur les droits de l’enfant pourtant ratifiée par la France.

Sachant que pour parvenir aux résultats précités, tant vantés par le nouveau ministre de l’Intérieur Claude Guéant, les services de police et de gendarmerie doivent procéder à un nombre d’arrestation au moins trois fois plus élevé, cela signifie que près de 300 000 étrangers ont été interpellés soit 250 par jour. Chaque heure qui passe, 10 personnes sont visées par les contrôles des forces de l’ordre. Un tel acharnement est inédit sous la Cinquième République.

Relativement à l’immigration, les gouvernements, qui se sont succédé depuis 2007, sont trop longtemps demeurés forts de la faible riposte et des initiatives nécessaires mais souvent dispersées des gauches parlementaires et radicales, des syndicats de salariés, d’étudiants et de lycéens, et des associations diverses. Les uns demandent la régularisation des travailleurs en situation irrégulière, les autres celle de jeunes « clandestins » inscrits dans des établissements scolaires et universitaires alors que tous sont victimes d’un même acharnement et d’un même arbitraire. Contre cette politique gouvernementale, qui porte atteinte à des droits fondamentaux, menace gravement le droit d’asile et ruine l’existence des étrangers visés, ces actions demeurent insuffisantes. La résistance doit désormais s’organiser dans toute la France. Tel est le sens de l’Appel pour une mobilisation nationale et unitaire contre le racisme, la politique d’immigration du gouvernement et pour la régularisation des sans-papiers.

Pour signer l’Appel : http://dailleursnoussommesdici.org/
+ lire l’article rédigé récemment par Olivier Le Cour Grandmaison pour Politis : “Faire cesser l’inacceptable” dans lequel figure l’appel à la manifestation nationale et unitaire contre le racisme et la politique d’immigration du gouvernement du 28 mai prochain.


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