La commission démocratie s’est réunie pour la deuxième fois le 3 juin dernier.


Plusieurs points ont été abordés à partir des lectures de chacun:

1) le “totalitarisme” économique qui transforme des marchés concrets locaux en un grand marché abstrait global dans les représentations collectives. L’idéologie néolibérale crée un ordre économique qui devient ordre naturel, qui se veut et se dit partiel et spécifique mais se dote de tous les instruments de la naturalité et de la totalité: la “science économique” est labellisée “science sociale”. Elle produit une analyse de la société dans son ensemble et énonce des règles “logiques”, “rationnelles” fondées sur des postulats invérifiables. Références: Bourdieu dans “Contre-feux”, Polanyi “la grande transformation”.

Suggestions pour changer cela: dé-naturaliser et re-localiser l’économie? Planifier certaines (toutes?) productions selon des choix démocratiques puis proposer différentes solutions techniques et les soumettre au vote des citoyens?

Limites : jusqu’à quel point peut-on se passer des analyses/outils de la science économique pour organiser la vie en société?

2) le nouveau management lié au nouvel esprit du capitalisme qui répond aux attentes de libération des critiques du capitalisme par la flexibilité, l’effacement apparent de la hiérarchie et l’illusion d’une possible accession de tous à des “activités” professionnelles “à la carte”.
Les relations de subordination sont masquées par une organisation du travail qui présente le client comme le seul donneur d’ordre et les supérieurs hiérarchiques comme des partenaires. Ceux qui détiennent le pouvoir sont ceux qui sont au cœur de larges réseaux (relationnels et géographiques) au sein desquels ils se déplacent au gré des opportunités, s’appuient pour une période brève (le temps d’un “projet”) sur des personnes localisées peu ou pas mobiles qui servent leurs intérêts et sont laissées à elles-mêmes et sans reconnaissance lorsqu’il s’en vont (forts de la valeur acquise via ce projet).
Référence: le nouvel esprit du capitalisme de Luc Boltanski et Ã?ve Chiapello.

Suggestions : instaurer des mécanismes de reconnaissance plus équitables, restaurer des éléments forts de sécurité, démasquer les relations hiérarchiques sous-jacentes?

Limites : à quelle échelle agir? Les “réseaux” sont souvent informels et transnationaux…

Dans ce contexte, la question qui nous anime toujours est de savoir comment redonner un pouvoir aux citoyens.


Pour continuer la réflexion à ce sujet, nous avons décidé de nous concentrer pour la prochaine séance sur:

  • la notion de collectif qui tend à s’effacer sous le poids de l’individualisme ou au moins à se modifier (baisse des effectifs des collectifs traditionnels tels les partis politiques, syndicats etc. et davantage de liens électifs par affinité, proximité géographique…): quels types de collectifs aujourd’hui? quelles structures? quelles luttes? etc.
  • la responsabilité de l’entreprise à différentes échelles (mondiale, nationale, locale): à qui les entreprises rendent-elles (devraient elles rendre) des comptes? Sur quoi? Comment? Quel rôle de l’entreprise dans la vie locale? Comment contrôler les multinationales? etc.

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