Suite à l’annonce (cf. dépêche AFP ci-dessous) de l’instauration de taxes globales par le G20, Attac se félicite de cette avancée historique.


Attac France salue la décision du G20 de mettre en place des taxes globales sur les revenus financiers et le carbone.

De source proche du dossier, les présidents Barack Obama et Luiz Inácio Lula da Silva suivis par Nicolas Sarkozy auraient conclu un accord pour que le prochain G20 puisse déboucher sur une fiscalité internationale unique sur les revenus financiers et sur les hydrocarbures, mais aussi sur la fin des paradis fiscaux et l’application universelle de la transparence bancaire.

Si ces décisions devaient se confirmer lors du sommet du G20 qui s’ouvre demain, cela marquerait une victoire considérable dans le combat altermondialiste dans lequel Attac est engagée depuis 1998. Selon Aurélie Trouvé, “Cette décision confirme la pertinence et le réalisme de nos propositions. La mise en place de taxes globales permettra à terme de dégager jusqu’à 1 500 milliards de dollars par an, tout en contrôlant la nocivité des marchés financiers et en réduisant les activités polluantes. Cette accord est inespéré !”.

Attac France tient à saluer le courage des responsables du G20 qui, enfin, prennent la mesure de la gravité de la crise et de l’obsolescence du capitalisme financier. Attac France est bien évidemment prête à mettre à disposition du gouvernement son expertise accumulée depuis dix ans sur ces dossiers pour les faire avancer au plus vite dès la fin du sommet.

Attac France,

Montreuil, le 1er avril 2009


AFP – Paris, le 1er avril 2009

Le G20 prépare l’adoption de taxes globales sur les revenus financiers et sur le carbone


Ces mesures seront annoncées lors de la conférence de presse commune du Président français et du Président brésilien Lula, à l’Elysée en début d’après-midi. Les deux chefs d’Etat se rendront ensuite à Londres où ils rejoindront Barack Obama arrivé hier dans la capitale britannique.

Selon une source proche du dossier, le Président Barack Obama et le Président Lula suivis par Nicolas Sarkozy ont accepté, à la veille du G20, de mettre en place une fiscalité internationale unique sur les revenus financiers et sur les hydrocarbures. Ce ralliement in extremis des Etats-Unis et de la France a permis de faire basculer d’autres Etats, comme l’Allemagne. Ces nouvelles taxes internationales pourraient rapporter chaque année plus de 1400 milliards de dollars.

Henri Guaino, conseiller spécial du président Nicolas Sarkozy, rapporte ainsi en coulisse que « nous cherchions depuis des mois un moyen de remédier à l’évasion fiscale tout en dégageant les ressources pour financer les économies d’énergie et le passage à l’après-pétrole. Grâce à ces propositions, c’est chose faite. Il ne reste plus qu’à régler les détails techniques de ces mesures ».

D’après le projet de déclaration finale, que l’AFP a réussi à se procurer, une institution nouvelle de l’ONU sera chargée de collecter et de redistribuer le produit de la taxe. Les ressources ainsi dégagées serviront à financer un revenu minimum universel pour les plus pauvres et des politiques d’économie d’énergie et de développement des renouvelables. Ces taxes viennent compléter la suppression des paradis fiscaux et l’application universelle de la transparence bancaire, dispositions qui empêcheront que les investisseurs puissent échapper à cette fiscalité transnationale.

Les Etats ont également convenu de mettre le crédit au service de la reconversion des vingt premières économies de la planète. « Nous nous sommes entendus avec nos homologues américains et européens pour interdire tout crédit public et privé aux énergies carbonées. Cela a permis d’emporter l’adhésion des pays émergents, y compris de la Chine, en échange de la mise en place d’un système monétaire international équilibré qui ne sera plus basé sur le dollar », a expliqué l’un des émissaires français chargés de préparer la négociation.

Selon la Maison blanche, ce sont Michelle Obama elle-même et la ministre brésilienne Dilma Vana Rousseff (Premier ministre du gouvernement Lula), qui ont progressivement convaincu les deux chefs d’Etat de mettre en œuvre ces mesures destinées à lutter contre les conséquences sociales de la crise et à financer de nouveaux modes de productions plus écologiques. Selon un diplomate français à Rio, Carla Bruni aurait été sensible aux arguments de Dilma Vana Rousseff lors du voyage du couple présidentiel au Brésil en décembre. Elle aurait ainsi persuadé son mari de se rallier à ces propositions. Le vice-président Joe Biden et Dominique Strauss-Kahn, Directeur du FMI, se seraient à leur tour laissés convaincre courant mars.

Les réactions à ces fuites n’ont pas tardé. Guy Ryder, Secrétaire général de Confédération Syndicale Internationale, se félicite : « Nous restons naturellement vigilants et ferons part de nos propositions. Mais enfin, les Etats reprennent les rênes. Il était temps de redonner sa pleine valeur au travail en limitant la part des actionnaires et en traçant les contours d’un nouveau mode de développement, qui va donner la priorité à l’emploi et aux activités locales. »

Ancien vice-président des Etats-Unis et prix Nobel de la Paix, Al Gore a mis l’accent sur le changement de cap historique qu’a permis l’administration Obama : « comme l’avait souligné le rapport Stern, il nous fallait trouver, ensemble, les moyens de financer la transformation de l’économie mondiale afin de maîtriser le changement climatique, et ce, dans des conditions sociales équitables. Les décisions qui se préparent sont un véritable plan Marshall. Les détails de leur mise en œuvre en seront être discutés, en décembre, à Copenhage. »

A l’opposé, Jean-Claude Juncker, président de l’eurogroupe et Premier Ministre du Luxembourg, a critiqué ces décisions : « On ne tardera pas à constater les effets désastreux de mesures strictement démagogiques sur le niveau de vie de millions d’actionnaires qui, dans le monde, seront privés de leurs revenus. Il aurait été préférable de laisser le marché trouver lui-même la solution à des désordres dus aux excessives interventions publiques. »

Ernest-Antoine Seillière, président de BusinessEurope, sorte de confédération du patronat européen, a regretté ne pas avoir été mis au courant de ce projet et fustigé « l’irresponsabilité des Etats du G20, qui va entraîner la disparition de centaines de milliers d’emplois dans les secteurs aussi capitaux que l’automobile, la métallurgie, la chimie ou le charbon. »

« Il aurait été préférable de laisser les entreprises définir le chemin du développement durable. Les mesures prises nous ramènent à l’époque stalinienne. La chasse aux sorcières et les purges ne tarderont pas à suivre cette inimaginable régression dans les libertés fondamentale que sont les libertés d’entreprendre et d’investir », a-t-il déclaré à notre correspondant à Bruxelles.


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