Un autre paysage énergétique est possible.

Avec l’épuisement inéluctable des énergies fossiles et le réchauffement climatique dû à l’émission des gaz à effet de serre, nous sommes à la veille d’une crise énergétique et d’une crise écologique majeures.

Face à ce défi sans précédent, la décision politique revêt un caractère particulièrement crucial mais les réponses institutionnelles ne sont absolument pas à la hauteur des enjeux.

Pourtant des solutions alternatives existent mais exigent de modifier en profondeur notre approche de l’utilisation de l’énergie.


La parole sera donnée ce soir à 2 experts Stephan Astier* et Christian Couturier**. Ils nous fourniront les données principales pour connaître la réalité du défi que pose l’énergie. C’est à nous ensuite, citoyens ou organisations, à nous emparer de ces données pour les diffuser largement et peser sur la décision politique.

Données fondamentales et réponses institutionnelles

“Il nous faudra réduire de moitié nos émissions de gaz à effet de serre au milieu du siècle tandis que le secteur de l’énergie, fondé sur les combustibles fossiles, compte pour 50% de l’empreinte écologique de l’humanité. Même l’électricité, propre en usage final, constitue le premier émetteur de CO2 par ses modes de production. Et les projections actuelles prévoient un doublement de consommation énergétique en 2040. Le défi est donc immense.

Le nucléaire de fission, petite part du mix énergétique planétaire actuel, ne peut apporter seul une vraie contribution. Le nucléaire de fusion ne promet de solutions qu’à la fin du siècle, si sa maîtrise encore incertaine est acquise. Un énorme potentiel d’énergies renouvelables, bien peu exploité, est disponible. Mais de nouveaux « éco-combustibles » vecteurs de stocks doivent compléter ces énergies de flux intermittentes : agro-carburants et hydrogène sont candidats à ces fonctions mais ne vont pas sans poser de nouveaux problèmes. Développer un bouquet énergétique renouvelé et durable passe par l’exploitation de nouvelles technologies de l’énergie diversifiées mais aussi par un nécessaire changement de notre rapport vorace à l’énergie”.

* Stéphan Astier est Professeur à l’INP-ENSEEIHT de Toulouse. Enseignant-chercheur en Génie Electrique, il co-anime une formation « Eco-Energie » et ses travaux récents au LAPLACE, laboratoire associé au CNRS, portent sur le thème « Systémique et Nouvelles Technologies de l’Energie ».

Il présentera un état de la situation mondiale du secteur de l’énergie et des perspectives actuelles. Un éclairage particulier sera porté sur la problématique du stockage et des vecteurs indispensables à la valorisation des sources de flux renouvelables.

Scénario alternatif négawatt

“Il est urgent de rompre avec la croissance immodérée de nos consommations, partager nos ressources de façon équitable et contribuer à la solidarité entre les hommes. Si nous n’agissons pas, une vraie crise est devant nous : pénuries de ressources, risques environnementaux majeurs, conflits internationaux et profondes inégalités. Agissons en changeant notre regard sur l’énergie. Adoptons la démarche Négawatt : soyons d’abord plus sobres dans nos comportements, travaillons ensuite à l’efficacité dans nos usages de l’énergie, soutenons enfin le développement des énergies renouvelables”. (extrait du Manifeste négaWatt, avril 2003)

** Christian Couturier dirige le pôle “énergie” de l’entreprise associative toulousaine SOLAGRO. Il est membre de l’association négaWatt, dont le scénario et les propositions ont été largement relayées par les ONG et les professionnels, et pour certaines reprises par les politiques : par exemple le bonus-malus sur les voitures ou le seuil des 50 kWh/m2 pour les nouveaux bâtiments. Il présentera la démarche négaWatt, après avoir exposé quelques fondamentaux de notre système énergétique à travers sa présentation “Un autre paysage énergétique est possible” (texte diffusé sur www.solagro.org).
<Un Autre Paysage Energétique est Possible>


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