Après France Télécom, Gaz de France et les autres, l’aventure continue…

Face aux menaces qui pèsent sur le service public, Attac a décidé de rejoindre le collectif national contre la privatisation de La Poste.


Tract Poste

Le gouvernement est gêné par le début de mobilisation et par les prises de positions très larges contre cette nouvelle privatisation et en faveur d’un référendum. De plus, la crise financière et les menaces de faillites qui font courir le gouvernement américain au secours des grands groupes privés, constituent un arrière-plan difficile pour convaincre du bien-fondé d’un tel projet.

Le Président Sarkozy, prompt à la manœuvre, tente de mettre en place un contre-feu par la constitution d’une énième commission dans laquelle les citoyens ne sont même pas représentés. Celle-ci devra rendre ses conclusions le 20 novembre. La calendrier initial n’est pour l’instant pas remis en cause. Une loi est prévue au début 2009 qui transposerait la directive postale européenne et ouvrirait le capital en transformant l’entreprise en Société Anonyme (SA).

L’Union Européenne (UE) patronne ces décisions de privatisation les unes après les autres

Transport aérien, rail, énergie, télécommunications, postes… tout est organisé pour remettre en cause les droits des populations à des biens publics. La concurrence généralisée multiplie les offres marchandes mais remet en cause l’égalité d’accès aux services et fait monter les prix des services de base. La concurrence dans le domaine postal a déjà produit de nombreux effets :

 hausse des tarifs et baisse de la qualité de la distribution des colis ;

 dégradation des distributions de courrier sous l’effet des exigences de productivité, et filialisation de la distribution de la presse ;

 banalisation du Livret A avec la volonté de détourner l’épargne populaire de son affectation actuelle pour financer le logement social ;

 séparation de la Banque postale pour en faire une banque comme une autre et menace sur le droit aux services bancaires pour les populations les plus pauvres ;

 dégradation des conditions d’accès pour le public et fermeture de nombreux bureaux de poste, désastreuses, notamment dans le monde rural et les quartiers défavorisés.

Cette politique est celle que prône l’UE depuis vingt-cinq ans. Pendant ce temps, le recul des services publics contribue à l’augmentation des inégalités et à l’appauvrissement. Des populations entières sont dépossédées de services au nom du sacro-saint besoin de rentabilité à 2 chiffres des multinationales. Quelle place auront demain, dans un tel système, l’égalité d’accès des individus, l’accès des plus pauvres au service bancaire et l’aménagement du territoire ?

L’enseignement majeur de la crise financière : ne les laissons pas faire !

La privatisation nous amène sur une voie terriblement dangereuse. L’ouverture du capital même minoritaire organise la pression de capitaux privés dont les exigences de rentabilité sont contradictoires avec les missions de service public. La crise financière montre à quel point le marché est aveugle sur les risques, à partir du moment où les profits escomptés sont alléchants. Vouloir organiser aujourd’hui le transfert de l’épargne placée sur le Livret A qui sert à la construction du logement social, vers des produits financiers plus classiques est tout simplement criminel.

En quelques années, le secteur des télécommunications dans tous les pays est passé en totalité sous la coupe des capitaux privés. L’euphorie de la bulle financière dans les années 2000 a été suivie d’une grande dégringolade qui a mis en faillite de nombreuses entreprises. Et les suppressions d’emplois accompagnent, depuis, la construction de multinationales gigantesques. Un pays comme l’Italie est menacé de perdre aujourd’hui son entreprise de transport aérien et son opérateur historique de télécommunications qui seraient rachetés par des sociétés privées possiblement étrangères. La banque postale allemande vient d’être rachetée par une grande banque allemande. L’entreprise postale hollandaise TNT a menacé de se retirer du marché allemand si un salaire minimum était mis en place pour les postiers allemands… C’est bien cette évolution et ces menaces qui sont aujourd’hui rendues possibles avec une ouverture du capital de La Poste

La Poste, un bien qui doit rester public

Voilà les raisons qui amènent Attac à s’engager dans le collectif national contre la privatisation de La Poste. Cette question, concerne en tout premier lieu les salarié-es de La Poste, mais pas exclusivement. Dans un village, un quartier, la poste est une pièce essentielle de la vie sociale et du lien communautaire, comme l’est l’école ou un moyen de transport collectif. Livrer La Poste aux intérêts financiers c’est menacer à court terme notre environnement social.

La privatisation de trop ! Exigeons un référendum !

Depuis cette annonce, nombreux sont celles et ceux, dans les associations de consommateurs, organisations syndicales, collectivités locales, journaux, partis politiques qui pensent que c’en est assez et que nous devons nous unir pour arrêter cette machine infernale à remettre en cause les droits.

La privatisation de la poste est notre affaire à tous. Après une commission sur l’eau, sur l’audiovisuel, sur l’électricité, nous ne nous contenterons pas de la commission sur La Poste inventée par les équipes de communication de Nicolas Sarkozy.


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