Et si c’était l’Occident, et non l’Afrique, qui avait besoin d’aide ? Et si c’était au continent africain de venir au secours de l’Occident ?


En répondant par l’affirmative à ces deux questions impertinentes, l’essai d’Anne-Cécile Robert s’oppose à la vision condescendante du livre de Stephen Smith Négrologie. Alors que le capitalisme globalisé est en train de mettre à sac la planète, l’Afrique pourrait, en puisant dans son patrimoine culturel, apporter une vision plus harmonieuse et plus équilibrée du rapport entre les humains et la nature. Sans idéaliser une Afrique mythique ni nier la dramatique situation dans laquelle se trouve souvent le continent noir, le livre suggère que le prétendu ” retard ” de l’Afrique ne serait que l’expression d’une formidable résistance culturelle à un modèle économique dévastateur. Le succès de la première édition de L’Afrique au secours de l’Occident conduit les Éditions de l’Atelier à publier cette nouvelle édition avec des éditeurs d’Afrique de l’Ouest dans une version de poche à un prix accessible aux lecteurs du continent africain.

Actuellement de plus en plus de chercheurs, de militants, d’intellectuels s’interrogent sur ces valeurs-là, qui fondent l’Afrique. On a pensé pendant longtemps qu’elles avaient été un frein au développement, qu’elles étaient responsables du sous-développement économique, mais maintenant , la question se pose autrement : cette résistance n’est-elle pas au contraire le signe d’une force, d’une vitalité, en opposition aux valeurs prédatrices de l’Occident capitaliste : l’Afrique ouvrirait alors des pistes de réflexion pour la planète globalisée.

Anne-Cécile Robert est journaliste au Monde diplomatique et professeur à l’Institut d’études européennes de Paris 8.


0 commentaire

Laisser un commentaire