Décembre 2007, Annapolis, Maryland, USA : jamais un tel consensus, Israël compris, n’a été exprimé pour un « Etat palestinien ». Même à la suite des accords d’Oslo de 1993 l’expression moins contraignante « processus de paix » avait la faveur des diplomates et des médias.

Décembre 2007, Palestine occupée : après 40 ans d’occupation et au cours d’une colonisation galopante, jamais la perspective d’un Etat palestinien libre et viable n’a été plus éloignée. La crise de l’option nationale, pour tous les Palestiniens, n’a jamais été aussi aigue.

Est-ce à dire que comme dans les Etats-Unis des années 1880 – où l’un après l’autre les chefs des tribus indiennes admettaient leur défaite en signant d’une croix un « traité » avec les USA, leur accordant une réserve dans les régions les plus poussiéreuses du Middle West – des Palestiniens auraient vocation à signer pour un moignon d’Etat ? Rien n’est moins sûr.
En même temps un autre avenir se cherche.

Israël ne redoute rien de plus que la seule alternative existante – si on met de côté celle d’une nouvelle expulsion massive, une nouvelle Nakba – : celle d’un Etat non ethnique et réellement démocratique entre Méditerranée et Jourdain, pour tous ses habitants, qui se répartissent à actuellement 50-50 entre Juifs et non-Juifs. L’idée n’est pas nouvelle. Elle est longtemps restée isolée comme un idéal auquel il ne faut pas songer. Elle connaît un regain d’intérêt comme alternative à la barbarie actuelle. Est-elle souhaitable ? Quelles seraient ses conséquences sur la paix mondiale ? Quelles sont ses chances ? Et surtout : à quelles conditions peut elle être réalisée ?

Nous nous efforcerons d’introduire ces questions dans leur profondeur historique, d’y répondre et d’ouvrir des perspectives où chacun peut apporter sa pierre.

Jean-Pierre Bouché est chercheur scientifique de métier. Il se présente comme “chercheur de justice” pour les Palestiniens, peuple autochtone de la Palestine historique. Il est militant de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) et des Campagnes Civiles Internationales pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP). Il est aussi membre d’ATTAC depuis la dernière Université d’Eté à Toulouse.


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