Documentaire de Daniel Tromben Rojas

France/Corée du Sud – 54mn

Lee1.jpgCancun. Mexique. 10 septembre 2003. Les négociations de l’Organisation Mondiale du Commerce sont en cours. Les ministres se réunissent dans les grands hôtels loin des quartiers populaires. A l’abri des regards, ils rédigent les règles sensées réglementer la vie de six milliards de personnes. La police et l’armée sont sur les dents. Elles ont érigé une barrière qui encercle le périmètre sécurisé. La tension est forte. Via campesina et les organisations mexicaines préparent leur manifestation.

Dans un supermarché de la ville Jesus VILLASECA, photo reporter au journal national La Jornada, accepte d’un militant sud coréen une lettre adressée par lui au président de l’OMC. L’homme distribue son sourire et ses papiers. Quatre heures plus tard l’objectif de l’appareil photo du journaliste mitraille la chute d’un homme qui tombe de la barricade, sur son torse une pancarte affiche : l’OMC TUE LES PAYSANS. Il a un couteau suisse planté dans le coeur Le journaliste reconnaît le paysan coréen croisé quatre heures plus tôt dans le supermarché de la ville. Il s’agit de l’agriculteur et syndicaliste LEE KYUNG HAE. Au travers de témoignages de ses proches, de sa famille, de ses compagnons de lutte, et d’images d’archives, Daniel Tromben, jeune documentariste français retrace les dernières années de lutte d’un homme engagé qui voit le monde qu’il aime s’écrouler autour de lui.

A travers cet exemple tragique, Daniel Tromben réussit à montrer le désarroi des familles paysannes au nord comme au sud face à une libéralisation des échanges qui fait voler en éclat des modes de vie ancestraux. En évitant de tomber dans le sentimentalisme ou dans la facilité, Daniel Tromben écrit un hommage posthume plein de sens et de sérénité.

Le débat

Société civile contre agrobusiness

L’agriculture mondiale à la croisée des chemins

L’agriculture et la Politique Agricole Commune (PAC) ont joué un rôle central au cours des premières années de la création de l’Union européenne. Elles ont permis de créer un sentiment d’unité entre européens. Le premier objectif d’autosuffisance alimentaire a été rapidement atteint. L’Union européenne n’a jamais réussi par la suite à redéfinir sa politique agricole de telle sorte qu’elle réponde aux nouvelles attentes de ses citoyens (environnement, qualité des produits, gestion des espaces naturels) sans préjudices pour les pays du sud.

En 2003, l’Europe a de nouveau été incapable d’affronter les lobbies agro-alimentaires. La réforme qu’elle a mise en place a renforcé les déséquilibres sur les marchés mondiaux plus qu’elle ne les a corrigés.

L’année prochaine sera l’occasion de procéder à une révision à mi-parcours de cette politique commune. Le contexte actuel (hausse incontrôlables des cours des matières premières, OGM, agrocombustibles, disparition des paysans, mais également structuration de Via campesina, réflexion autour de la souveraineté alimentaire) offre une opportunité à la société civile d’intervenir dans le débat et de donner son avis sur la politique agricole qu’il conviendrait de mettre en place.

La soirée du lundi 14 janvier donnera quelques éléments de réflexion et permettra d’amorcer une réflexion collective sur les enjeux et les moyens à mettre en place pour faire entendre nos voix.

Jean-Marc Desfilhes est ingénieur agricole et ancien permanent de la Confédération paysanne. Il a été en charge de la commission international, groupe de réflexion du syndicat, et suivait plus particulièrement les négociations à l’OMC et les contacts avec Via campesina. Dans le cadre de sa dernière mission, il était le coordinateur du forum mondial pour la souveraineté alimentaire « Nyéléni 20007 » qui s’est déroulé au Mali en février 2007 et auquel ont participé 450 délégués venus de 110 pays.

Jean-Marc Desfilhes fait partie du collectif des Faucheurs Volontaires et du Collectif Anti-OGM 31.


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