OGM : chronique du Grenelle

20 septembre – Jean Louis Borloo touché par la grâce :

“Sur les OGM, tout le monde est d’accord : on ne peut pas contrôler la dissémination. Donc on ne va pas prendre le risque.”

27 septembre – Le sénateur Legrand magicien : Président de l’inter-groupe de travail OGM, il déclare :

” Vous pourrez faire du bio, du conventionnel et des OGM.”

Là où les OGM ont été massivement cultivés, la bio à disparu (colza au Canada, maïs en Espagne…). Le sénateur doit avoir un truc !

11 octobre – Le scoop de la FNSEA : on (se les) gèle en hiver :

La FNSEA a dit : “accepter le principe d’un gel sur les cultures OGM” mais son président précise : “A condition qu’une loi soit votée et ses effets applicables avant les prochains semis du printemps 2008.” Voilà une nouvelle qu’elle est bonne ! La FNSEA est pour un gel des cultures OGM (maïs MON810) dans une période de l’année où il n’y a pas de cultures de maïs parce qu’il fait froid et qu’il gèle.

17 octobre : Jean Louis Borloo pris d’une envie pressante : Invité à s’exprimer le 17 octobre lors de la session des chambres d’agriculture, le ministre de l’Écologie a confirmé l’objectif des pouvoirs publics de faire adopter un projet de loi sur les OGM avant les prochains semis de maïs. « J’ai l’engagement du président de la République pour le faire (adopter le projet de loi) à toute vitesse »

Ainsi notre ministre équilibriste va devoir concilier la non-prise de risque et la grande vitesse.

Mais au delà de toute ces gesticulations, Nous qui combattons les cultures d’OGM en plein champ, invitons nos concitoyens agriculteurs à se projeter dans l’avenir.

Si le modèle agricole qui a prévalu après la guerre a effectivement permis de nourrir une population meurtrie, il s’est emballé depuis : de productive, l’agriculture est devenue productiviste avec son cortège de pollutions, d’appauvrissement des sols… et de disparition des paysans : aujourd’hui en France, une exploitation agricole disparaît toutes les 20mn. Les OGM sont complètement dans cette logique productiviste et en deviennent même la caution.

Adhérents de la FNSEA, des coopératives…méfiez-vous des discours de vos dirigeants qui veulent vous embarquer dans cette fuite en avant qui broiera la plupart d’entre vous, ainsi que des centaines de millions de paysans du Sud. Si vous persistez malgré tout dans cette voie, respectez au moins ceux qui, pour des raisons éthiques et/ou économiques, ont choisi, souvent dans des conditions difficiles, de faire autrement : agriculteurs sous label de qualité (bio ou autres) et même conventionnels avec cahier des charges.

Si vous pratiquez les cultures d’OGM ou simplement si vous les cautionnez, vous participez à leur dissémination et, donc à la contamination de ces autres cultures. Et vous vous retrouverez face à face avec ces autres agriculteurs que vous menacez ainsi de faire disparaître. C’est donc la discorde que vous installez dans les campagnes et n’oubliez jamais que le respect du voisinage est un droit supérieur à celui de la propriété privée. Sachez aussi que vous allez contre la volonté de la majorité de la population qui n’en veut pas. Dans l’inter-groupe OGM du Grenelle de l’environnement, un large – très large – consensus s’est dégagé pour exiger la liberté et le droit de produire et consommer sans OGM. Mais la synthèse qui a suivi a reproduit cette exigence en remplaçant sans OGM par avec et sans OGM, ce qui change évidemment tout puisque les contaminations sont largement avérées là ou les OGM ont été massivement cultivés. Cela ressemble beaucoup à la liberté du renard dans le poulailler. Vous l’avez certainement compris, cette pseudo évidence est un leurre.

Dans l’état actuel des connaissances, la seule issue raisonnable est d’instituer un moratoire de plusieurs années permettant de prendre le temps nécessaire au débat public et d’évaluer l’impact des OGM sur la santé et l’environnement ainsi que leur impact économique sur les systèmes agraires régionaux.

C’est ce que pouvait laisser croire les premières déclarations de Jean Louis Borloo. Mais bien entendu, le ministre a été rappelé à l’ordre et les déclarations suivantes des uns et des autres, nous incitent fortement à penser que c’est le syndicat agricole majoritaire avec le lobby des agrosemenciers qui fait la loi au sens propre comme au sens figuré.

C’est évidemment inacceptable et si la loi ressort cette formulation avec et sans OGM, elle organisera de fait l’impossible coexistence entre cultures OGM et non OGM. Il est alors à craindre que les tensions déjà très fortes cette année le soient encore davantage l’année prochaine.

Au contraire le moratoire permettrait aux uns et aux autres d’entamer un vrai dialogue qu’il est très difficile d’avoir si les graines de la discorde sont déjà semées dans les champs. Il constitue une solution de bon sens, en outre parfaitement conforme au principe de précaution inscrit dans la Constitution.

Certes, vos dirigeants ne veulent pas en entendre parler, mais vous n’êtes pas obligé de penser ni d’agir comme eux. Les dirigeants, quels qu’ils soient, utilisent toujours l’image que l’on est dans le même bateau. C’est peut être vrai, à part que quelques uns sont sur le pont et tous les autres dans les soutes

…et quand le Titanic coule…


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