Ce document de travail qui date du 3 octobre a été distribué lors des assises du Moratoire qui ont clôturé la marche le 13 octobre à l’Université Paris St Denis. Guy Kastler est membre de la Confédérations paysanne. Il a participé pour les Amis de la Terre (membre de l’Alliance pour la planète) au groupe de travail sur l’agriculture ainsi qu’à l’intergroupe OGM, du Grenelle de l’environnement.


Produire et consommer sans OGM : une liberté, un droit

Le moratoire

Pourquoi un moratoire ?

“Sur les OGM, tout le monde est d’accord : on ne peut pas contrôler la dissémination. Donc on ne va pas prendre le risque.” Jean Louis Borloo, Le Monde du 20 septembre 2007.

Ne pas prendre de risque, c’est décider un moratoire sur toutes les disséminations en plein champ jusqu’à ce que la liberté et le droit de produire et de consommer sans OGM soient garantis par la loi et non pas jusqu’au vote d’une loi autorisant une certaine dose de risque.

Cependant, les propos du Sénateur Legrand, président du groupe de travail OGM, qui déclarait le 27 septembre à Reuters « vous pourrez faire du bio, du conventionnel et des OGM » montrent qu’il faut rester très prudent dans l’interprétation de l’annonce de Jean Louis Borloo : ou bien Mr Legrand est devenu magicien et a découvert la solution que n’a pas trouvé le groupe de travail pour faire cohabiter apiculture, bio, OGM et sans OGM, ou bien l’absence de prise de risque évoquée par J-L Borloo se limite pour lui à un « sans OGM » acceptant une certaine dose d’OGM. Il est donc plus que jamais nécessaire d’expliquer avec précision ce que nous entendons par moratoire et « sans OGM ».

Cultures commerciales et essais

Les risques de dissémination venant d’essais en plein champ sont les mêmes que ceux venant des cultures. Il reste aujourd’hui de très nombreuses questions de recherche fondamentale qui n’ont pas trouvé de réponse et laissent planer un doute sérieux sur l’innocuité des OGM sur la santé et l’environnement. Alors que des effets néfastes sur la santé ont été constatés et souvent non expliqués, aucun essai de toxicologie de longue durée et sur plusieurs espèces animales, du type des évaluations exigées pour la commercialisation d’un pesticide, n’a été fait à ce jour. Cette absence d’évaluation est d’autant plus inquiétante vu que la majorité des OGM commercialisés produisent des insecticides ou stockent des herbicides jamais évalués pour cet usage.

Aucune explication scientifique n’a été apportée sur le devenir des constructions transgéniques artificielles qui se « réarrangent » dans le génome après insertion, ni sur les effets non intentionnels, notamment sur la santé, que ces réarrangements peuvent produire. Aucune étude scientifique poussée n’a été réalisée sur les transferts horizontaux de transgènes aux bactéries du système digestif, du sol, dans l’eau… au-delà du constat qu’ils se produisent parfois… La réponse à ces questions fondamentales peut être apportée par les recherches en laboratoire et n’a pas besoin d’essais en champ.

« Il n’existe pas de recherche en champ »

(Pierre Henri Gouyon, chercheur au CNRS, Muséum d’Histoire Naturelle).

Les essais en champ ne sont pas de la recherche, mais du développement : ils ont pour but d’évaluer le devenir d’un OGM lorsqu’il est cultivé, dans le seul but de pouvoir le commercialiser et non de répondre aux questions scientifiques fondamentales préalables à une éventuelle orientation vers un développement commercial. Un moratoire sur les essais n’interdit donc aucune recherche, mais uniquement le développement commercial prématuré de recherches non abouties à ce jour.


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