Pour la Terre et l’humanité, il y a urgence !

Appel à des “Grenelle de l’environnement alternatifs et citoyens”


Fin octobre aura lieu le « Grenelle de l’environnement ». Le président de la République dit vouloir mettre en œuvre une réelle politique de l’environnement. Veut-il vraiment remettre en cause les mécanismes et orientations industrielles et économiques qui détruisent l’environnement et les liens sociaux, qui excluent les citoyens des prises de décision les plus importantes pour leur présent et leur avenir ?

  • La question est justifiée, entre autres, par l’explosion du transport routier pendant que l’on ferme les gares et que le fret ferroviaire s’amenuise chaque jour. Le réchauffement climatique ne peut pourtant plus être sous-estimé, et les responsabilités du transport routier sont reconnues par tous.
  • De même, les conséquences désastreuses de la culture des OGM en plein champ, le développement des agrocarburants et des pesticides, le gaspillage de l’eau, tout ce qui fait le quotidien de l’agriculture intensive, sont autant de facteurs de pollution dans les campagnes.
  • À l’échelle planétaire, la raréfaction des ressources naturelles, dont l’eau, et la disparition de milliers d’espèces vivantes sont déjà des catastrophes bien présentes.
  • Les incinérateurs ou l’utilisation de l’amiante pendant des décennies sont toujours les causes de nombreuses maladies.
  • Quant aux tentatives de relance de l’industrie nucléaire, en France avec le réacteur EPR et dans toutes les régions du monde, y compris les moins stables, elles se sont faites sans débat malgré les gros risques encourus.

Autant de questions, parmi d’autres, qui doivent être prises à bras le corps pour déboucher sur une modification en profondeur de ces politiques agricoles, industrielles, énergétiques ou de transports qui nous mènent droit à la catastrophe.

La mobilisation citoyenne est aujourd’hui nécessaire pour que cette échéance ne se réduise pas à une simple opération de communication gouvernementale et à des mesurettes totalement inadaptées à l’urgence de la situation. C’est pourquoi les organisations soussignées appellent à organiser dans toute la France des « Grenelles alternatifs et citoyens » [[L’appellation de « Grenelle de l’environnement alternatifs et citoyens » veut signifier qu’à l’occasion du « Grenelle » officiel, toutes les voix critiquant notre mode de développement doivent se faire entendre dans un travail d’élaboration auquel devrait participer les citoyens et les organisations qui ont choisi de participer au processus officiel et qui ont besoin de soutien, comme celles qui n’ont pas été invitées ou ont refusé de participer. Il ne s’agit pas d’aider particulièrement le gouvernement à organiser des débats citoyens qu’il n’arriverait pas à mettre en place, mais de créer un autre espace de débat, inédit par les composantes qu’il réunit.]] ou toutes autres initiatives, afin que chacun se saisisse de ces questions et exige des décisions concrètes, immédiates et courageuses.

En effet, quel sens aurait un « Grenelle de l’environnement » qui ne déboucherait pas sur l’instauration de moratoires sur des sujets parmi les plus sensibles – il aurait d’ailleurs dû commencer par là -, moratoires qui permettraient de poser les bases de véritables débats publics et d’élaborer collectivement des alternatives aux politiques qui détruisent la planète ? Une exigence, pour les organisations de défense de l’environnement, est que soient instaurés des moratoires fermes pour des durées significatives sur le nucléaire, les essais et la culture d’OGM en plein champ, la construction d’autoroutes et d’incinérateurs.

À l’occasion du Grenelle, et à l’appel des organisations écologistes, altermondialistes, syndicales, les citoyennes et citoyens doivent s’emparer des grandes questions écologiques afin de co-élaborer des alternatives au type actuel de développement. Ces organisations n’ont a priori pas besoin du gouvernement pour participer à ce travail de co-élaboration avec la société.

Nous appelons donc tous et toutes à se rassembler et à agir dans tout le pays pendant le mois d’octobre : appels, manifestations, festivals, forums… pour faire entendre la voix de l’urgence environnementale, sociale et démocratique.

Liste des organisations signataires de l’appel

  • Acme France (Association pour le Contrat Mondial de l’Eau)
  • Action Consommation
  • AE2D (Agir pour l’Environnement et le Développement Durable)
  • L’Âge de Faire
  • Agir Pour l’Environnement
  • AITEC-IPAM
  • Alter Ekolo
  • Les Amis de la Terre
  • Association des Services Publics de Quimper
  • ATTAC
  • CADTM
  • CCIIPAC (Collectif Contre l’Implantation de l’Incinérateur à Proximité de l’Agglomération Clermontoise)
  • CEDETIM-IPAM
  • Chiche!
  • Collectif anti-OGM d’Île-de-France
  • Collectif Eau de Paris
  • La Confédération Paysanne
  • Convergence Services Publics
  • Eau-Secours 31
  • Europe Solidaire Sans Frontières (ESSF)
  • Fondation Sciences Citoyennes
  • FSU
  • Global Chance
  • Greenpeace
  • PRIARTeM (Pour une Réglementation de l’Implantation des Antennes-Relais de Téléphonie Mobile)
  • Réseau Action Climat France (RAC-F)
  • Réseau Rupture
  • Réseau Sortir du Nucléaire
  • S-eau-S
  • Solidaires
  • Sud-Rail
  • UNEF
  • Union des Associations pour la Défense du Littoral (UADL)
  • Vélorution Paris Île-de-France
  • Zone d’Ecologie Populaire

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