Le G8 (ou Groupe des huit) est né en 1975 d’une initiative de Valéry Giscard d’Estaing, alors président de la république qui avait invité les chefs d’état et de gouvernement des Etats Unis, du Royaume Uni, de l’Allemagne et du Japon, à se rassembler pendant 3 jours à Rambouillet pour « discuter des affaires du monde », en toute franchise et sans protocole. Il s’agissait pour eux de faire face à la récession économique, ainsi qu’aux crises pétrolière et monétaire des années 70, de solutionner leurs conflits et leurs contradictions dans ces domaines afin de coordonner leurs politiques. Sur le plus long terme, l’objectif sera de donner un caractère systématique et permanent à la coopération économique entre pays riches.


Le G5, très vite élargi à l’Italie puis au Canada (G7), est devenu G8 à partir de 1998, avec la participation de la Russie au sommet de Birmingham.

Le contenu des sommets a bien changé depuis 1975 : il s’agissait alors d’harmoniser, sur le court terme, les politiques des pays les plus riches du monde. Au fil de l’affirmation du néolibéralisme il s’est agi pour le G8 de contrôler économiquement et politiquement le reste de la planète en créant un cadre favorable au pays les plus puissants du monde et à leurs couches de populations les plus favorisées.

Ainsi les discussions ont été étendues à tous les domaines de la vie politique, faisant du G8 une sorte de « gouvernement mondial » désireux d’imposer ses choix au reste de la planète. La médiatisation excessive donnée à ces sommets annuels a donné peu à peu l’impression que l’avenir du monde se jouait dans ces réunions.

Le mouvement altermondialiste considère le G8 comme illégitime, parce qu’un petit groupe, représentant les privilégiés de la planète, ne peut s’arroger le droit de décider pour tous. En outre, même si ces chefs d’état sont élus démocratiquement dans leur pays, ils n’ont pas été élus et ne sont pas mandatés pour décider des destinées du monde. Il y a un déni profond de la démocratie par une institution qui ne connaît aucun contrôle démocratique et qui est coupé de toute instance représentative, et pour comble, les réunions annuelles du G8 se déroulent à huis-clos…..

Si l’ONU n’est pas la panacée elle est au moins une organisation internationale légitime. Pourquoi ne prendrait elle pas en charge les questions traitées par le G8 ? Peut-être ne défendrait elle pas aussi bien les intérêts des pays riches et des propriétaires du capital ! Une forte contestation accompagne ces sommets annuels, contestation qui a atteint son point culminant à Gênes, en 2001 où l’intervention musclée des forces de l’ordre a provoqué la mort d’un jeune étudiant italien.

Un nombre croissant d’organisation de la société civile rejette le principe même de ce « gouvernement » et de chacune de ces décisions. D’ou, des manifestations importantes sur les lieux de ces réunions. Cette année, le sommet du G8 se réunit en Allemagne à Heiligendamm du 6 au 8 juin. Ce sera la trente-deuxième fois, depuis 1975 que les chefs d’état et de gouvernement les plus riches et les plus puissants du monde, se rencontreront pour discuter ensemble des grands problèmes. Le sommet du G8 2007 aurait pour thématique centrale la lutte contre la pauvreté.

D’autres thèmes comme : l’énergie, le commerce et les enjeux des matières premières, le commerce mondial, les droits de propriété intellectuelle, l’aide au développement … seront également discutés (L’agenda du G8 est susceptible de changements jusqu’au dernier moment et dépend étroitement de l’agenda politique international ainsi que des volontés du pays hôte, l’Allemagne).

Ne nous y trompons pas la lutte contre la pauvreté est un thème de façade qu’aucun fait réellement efficace ne viendra mettre en œuvre. Face aux contestations de la mondialisation le G8 soigne sa communication et sa propagande.

La mobilisation contre le G8 2007 s’élabore et de multiples initiatives sont prises pour un contre sommet. A partir de mai, en amont de celui-ci, des marches contre la pauvreté, la précarité et les discriminations traverseront l’Europe. Différents cortèges venant des 4 coins de l’Europe tiendront des réunions dans les lieux d’étape. Toulouse pourra être une de ces villes étapes.

Nous devons réfléchir comment mener une mobilisation locale lors du passage de cette manifestation. Nous en reparlerons prochainement dès que nous aurons des informations plus complètes sur le programme général.


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